C'est la saison des bactéries, de l'air poussiéreux et de l'humidité. Des facteurs qui favorisent l'apparition de l'asthme.
Cette dernière est une maladie inflammatoire qui attaque les bronches et qui débute généralement depuis la jeune enfance (entre 5 et dix ans). Ses principales causes demeurent l'allergie et la pollution. Son traitement consiste à donner des anti-inflammatoires: un traitement qui ne dilate pas seulement les bronches, mais qui traite l'asthme lui-même.
Les citadins sont les premières victimes de cette maladie, car l'air entourant les grandes villes est rempli d'acariens qui sont des bactéries favorisant l'asthme surtout chez les petits», lance Dr Mohammed Jamal Bennani, pneumologue exerçant à Casablanca.
En effet, l'asthme est beaucoup plus fréquent chez l'enfant que chez l'adulte.
Au Maroc, d'après de récentes statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle se situe entre 16 et 20% de la population générale. Par exemple dans les grandes villes comme Casablanca, la prévalence serait de 20%. Dans les zones du sud ou de l'intérieur, elle varie entre 12 à 14%. Au niveau mondial, l'asthme est la première maladie respiratoire chronique chez l'enfant et c'est pour cela qu'elle devient une véritable priorité pas uniquement au Maroc, mais aussi ailleurs.
Cette maléfique maladie est due en premier lieu à l'allergie. Celle-ci peut être héréditaire, comme elle peut être acquise. Un rapport publié par l'OMS atteste que : «l'asthme commence toujours par la rhinite allergique. Quand celle-ci n'est pas bien traitée, elle peut se propager aux poumons entraînant de l'asthme. Mais l'allergie elle-même, est causée par les villes polluées, les appartements peu aérés et donc humides, la poussière qui prend d'assaut tapis et moquettes surtout dans les grandes agglomérations». Malheureusement, il existe d'autres facteurs qui déclenchent l'asthme.
Le plus grave est le stress. Hé oui, cette «maladie» des temps modernes pourrait elle seule accroître les symptômes dudit asthme. De plus, de récentes études l'attestent clairement et ont permis de clarifier son rôle dans la survenue d'infections, de crises ou d'accidents vasculaires cérébraux. Quant aux fumeurs, ils ne sont pas épargnés de la maladie, bien au contraire: non content d'en aggraver les symptômes, le nicotinisme est capable d'encourager un asthme chez une personne en très bonne santé même! Mis en évidence pour la première fois, ce lien de causalité affecte tout particulièrement les femmes enceintes. Encore une très bonne raison pour arrêter de fumer!
Concernant les non-fumeuses en période de grossesse, si elles sont à l'abri du tabac, sachons qu'elles ne sont pas, pour autant, épargnées des dégâts causés par le stress. Ces moments de tensions-là ne sont pas insignifiants pour la future mère, car elles pourraient même augmenter le risque d'avoir un enfant asthmatique. Dans ce cas-là, le calme reste le mot d'ordre. En plus, rester aussi zen que possible pendant neuf mois ne pourra qu'annoncer une heureuse naissance.
Subséquemment, il est très pertinent d'insister sur le dépistage précoce de l'asthme surtout chez l'enfant afin de soigner la rhinite allergique. Les symptômes de cette dernière sont généralement des éternuements, des écoulements nasaux, des picotements au niveau des yeux. Si on ne traite pas cette allergie le risque de passer à l'asthme devient accru.
Toutefois, quand l'enfant commence à avoir de la toux (surtout le soir), des sifflements thoraciques très typiques, des gênes, de la soif d'air… il ne faut absolument pas se contenter d'aller chez le pharmacien (faute commise par un grand nombre de parents). Car un enfant qui commence à siffler est un enfant asthmatique, le seul pas à franchir, c'est de l'emmener chez un pneumologue.
Concernant les traitements, une fois l'asthme diagnostiqué, c'est au médecin allergologue de suspecter la piste de l'allergie par la voie de tests cutanés pour lui donner le traitement adéquat avant que l'inflammation se propage et devienne difficile à traiter. De même, il faut tester le souffle de l'asthmatique avec un appareil nommé «débitmètre» et en fonction de la mesure du souffle, le stade de l'asthme peut être déterminé.
Décidément, cette maladie passe par quatre stades, à savoir, l'asthme intermittent léger, l'asthme persistant léger, l'asthme persistant modéré et l'asthme persistant sévère. Chaque stade a un traitement approprié.
En somme, puisque l'allergie est héréditaire, si l'un des conjoints est allergique, l'enfant développera sûrement une allergie. Toutefois, celle-ci reste facile à dépister chez les enfants qui ont des picotements et des rougeurs au niveau des yeux et du nez et des écoulements du nez. De ce fait, il est impératif de rester vigilant à tout début d'asthme, car à ce stade là, il est facile à contrôler.
D'une autre part, il faut que les asthmatiques et leurs parents cessent d'avoir peur du spray, car il n'a aucun effet secondaire sur la santé de leurs rejetons.
Finalement, le dernier volet de la prévention, c'est d'attaquer les causes de l'allergie à domicile. Il faut également changer quelques aspects de la culture marocaine: Éviter les tapis et moquettes qui constituent un vrai nid pour les acariens, les premiers pourvoyeurs de l'asthme dans les grandes villes. Beaucoup de pneumologues marocains le certifient.
Prise en charge
Les victimes de l'asthme sont souvent incapables de traiter elles-mêmes leurs douloureuses crises. Dans ce cas-là, une prise en charge immédiate doit impérativement leur être réservée. Ainsi, si par malheur cela arrive, vous devez garder votre calme (c'est très important parce qu'il faut mettre le malade en confiance) et rassurer la victime car l'angoisse ne peut qu'aggraver la crise.
Tout d'abord, mettez la personne asthmatique dans la position où elle se sent le mieux, souvent une position assise.
Ensuite, demandez-lui de respirer lentement et profondément. Après, cherchez à savoir si elle prend habituellement des médicaments, si c'est oui, procurez-les lui, et facilitez l'auto-administration. Si elle n'en prend pas mettez-la dans la position qu'elle juge confortable, ne lui proposez aucun médicament sans prescription médicale et appelez son médecin traitant sur le champ!
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