A la différence de Staphylococcus aureus, les staphylocoques " blancs " ou " à coagulase négative " principalement Staphylococcus epidermidis (70%), font naturellement partie des flores cutanéo-muqueuses de l'homme (bactéries commensales). Ces staphylocoques sont potentiellement pathogènes essentiellement dans certaines circonstances : implantation de corps étrangers (prothèses osseuses ou cardiaques, sondes, cathéters,…) et/ou immunodéficience (SIDA, radiothérapie, chimiothérapie, néonatalité). Le matériel implanté peut être contaminé par des souches de la flore cutanéo-muqueuse du patient ou du personnel soignant. Ces bactéries, dès lors considérées comme opportunistes, sont à l'origine d'infections graves (septicémies, endocardites, pyélonéphrites, méningites, ostéomyélites), dont la majorité sont des infections nosocomiales. De la même façon que les souches de Staphylococcus aureus, les souches de staphylocoques blancs isolées en milieu hospitalier sont fréquemment multirésistantes aux antibiotiques (50 à 70% des souches).
Un peu à part dans ce tableau, l'espèce Staphylococcus saprophyticus est associée à des cystites aigues survenant principalement chez de jeunes femmes ne présentant pas de troubles immunitaires particuliers. Sa seconde place, après E. coli, au palmarès des bactéries responsables d'infection urinaire, explique la masse importante des travaux lui ayant été consacrés....PROCHAINEMENENT, D'AUTRES FICHES MALADIES INFECTIEUSES....VOUS POUVEZ PROPOSEZ DES THEMES....
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Les souches de Staphylococcus aureus sont connues pour provoquer des infections cutanées : furoncles, folliculites, panaris, impétigo, abcès mammaires chez les femmes qui allaitent. Les infections des muqueuses sont également fréquentes et peuvent atteindre les yeux (conjonctivites), les oreilles (otites), la sphère génitale (endométrite, salpingite) ou les voies respiratoires (pneumonies, pleurésies). Toutes ces infections cutanéo-muqueuses sont susceptibles de se compliquer et d'aboutir à des septicémies. L'évolution peut alors être fulminante, aiguë et associée à des localisations secondaires multiples et variées (valves cardiaques, os, articulations, rein, cerveau). Le choc toxique staphylococcique (rare mais souvent mortel), avec sa forme mineure, la scarlatine staphylococcique, sont dus à des souches productrices de la toxine du choc toxique staphylococcique (TSST-1) ou d'entérotoxines. Le syndrome d'exfoliation généralisée, et sa forme mineure localisée, l'impétigo bulbeux, sont dus à des souches productrices d'exfoliatines. Des anticorps sériques peuvent bloquer l'action de ces toxines hautement immunogènes (superantigènes).
S. aureus partage avec la bactérie Escherichia coli le triste privilège d'être au premier rang des germes responsables d'infections nosocomiales. L'élévation de l'incidence des infections staphylococciques est en rapport avec le nombre croissant d'immunodéprimés mais aussi avec la multiplication des procédures invasives qui lèsent la barrière cutanéo-muqueuse (interventions chirurgicales, pose de cathéters ou de sondes, implantation de prothèses, …). De telles procédures favorisent la pénétration dans l'organisme de souches véhiculées par les patients ou par les membres de l'équipe soignante (transmission manu-portée). S. aureus est retrouvé, en dehors de toute pathologie, chez environ 30% des sujets sains (portage asymptomatique). La nature du risque infectieux est favorisé par la rupture de la barrière cutanéo-muqueuse et par la diminution des défenses immunitaires. Seuls l'isolement des patients et le respect permanent des mesures d'hygiène sont de nature à limiter la dissémination épidémique des souches hospitalières et leur persistance à l'état endémique.
S. aureus est également au deuxième rang des bactéries responsables d'intoxications alimentaires en France, après les salmonelles. Ce sont les entérotoxines produites par des souches se multipliant dans les aliments qui déclenchent les symptômes : vomissements violents et répétés, souvent accompagnés de diarrhées. Le malade guérit généralement en un à deux jours sans séquelles.
Staphylococcus aureus, ainsi que d'autres espèces apparentées telles que Staphylococcus intermedius et Staphylococcus hyicus, est enfin un pathogène majeur du monde animal. Les furonculoses du chien (S. intermedius) sont souvent récurrentes et parfois difficiles à traiter. Les mammites des vaches, brebis et chèvres (S. aureus le plus souvent), la maladie des abcès du mouton (S. aureus sous-espèce anaerobius) ou encore la dermite exsudative du porcelet (S. hyicus) ont une incidence économique non négligeable....A SUIVRE...
Les staphylocoques sont des bactéries impliquées dans des pathologies variées et souvent responsables d'infections contractées dans les hôpitaux (infections nosocomiales). Leur habitat naturel est constitué par les flores cutanées et muqueuses humaines et animales. Ils sont également retrouvés dans l'environnement (eau, sol, air, aliments, objets). Le traitement des infections dues à ces souches est difficile en raison de la prévalence élevée des souches multirésistantes aux antibiotiques dont la prévalence varie entre 20 et 50% des souches en fonction des services hospitaliers. En milieu hospitalier, des mesures draconiennes d'hygiène et d'isolement des patients sont requises pour limiter la dissémination de ces bactéries. L'émergence récente de souches résistantes à la vancomycine laisse entrevoir une impasse thérapeutique. Les souches de l'espèce Staphylococcus aureus (staphylocoque doré, producteur d'une coagulase) sont les plus fréquemment rencontrées en pathologie humaine et vétérinaire, qu'il s'agisse d'infections suppuratives ou d'infections dont la symptomatologie est liée à la production de toxines. Les staphylocoques "à coagulase-négative" (principalement Staphylococcus epidermidis), qui font également partie de la flore cutanéo-muqueuse, sont moins pathogènes. Ils peuvent néanmoins provoquer des infections suppuratives chez les immunodéprimés et/ou après des manœuvres invasives avec ou sans implantation de matériel étranger....A SUIVRE
Grâce à une vaste étude prospective chez des femmes enceintes, des cliniciens de l'Île de La Réunion et des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm ont pour la première fois mis en évidence des cas de transmission materno-fœtale du virus du Chikungunya. Leurs observations montrent que celle-ci se fait préférentiellement quand les mères sont infectées peu avant le terme de leur grossesse, et que les nouveau-nés ont une probabilité accrue de développer des formes graves de la maladie.
Mars 2005 : l’épidémie de Chikungunya qui sévit dans l’Océan Indien depuis fin 2004 gagne La Réunion. Jusqu’en décembre 2006, elle touchera plus d’un tiers de la population de l’île. En juin 2005, le premier cas suggérant la possibilité d’une transmission mère-enfant du virus est observé au sein du Groupe Hospitalier Sud Réunion (GHSR).
Afin d’expliquer l’apparition de la maladie chez des nouveau-nés, qui ne sont pas exposés aux piqûres des moustiques vecteurs, des médecins du GHSR - dont Patrick Gérardin, Alain Michault, Georges Barau et Pierre-Yves Robillard -, l’équipe de Marc Lecuit (1) (Institut Pasteur/Avenir Inserm U604) et Isabelle Schuffenecker (Centre National de Référence des Arbovirus, Institut Pasteur) se sont alors rapidement mobilisés, en collaboration avec d’autres chercheurs de l’Institut Pasteur, pour étudier la possible transmission mère-enfant du Chikungunya, en déterminer la fréquence, la gravité, et en comprendre le mécanisme. Une vaste étude prospective et multidisciplinaire chez les femmes enceintes admises au GHSR a donc été mise en place.
Les médecins et les scientifiques ont mené pendant 22 mois des investigations cliniques chez plus de 7500 femmes enceintes, dont 678 ont été infectées au cours de leur grossesse. Ils ont ainsi observé que plus une mère contractait l’infection au voisinage du terme de sa grossesse, plus la probabilité de transmettre le virus à son enfant était importante. Ainsi, alors qu’au total moins de 3% des enfants nés de mères ayant développé un Chikungunya au cours de leur grossesse sont contaminés, ce taux de transmission atteint 50% lorsque l’infection de la mère se fait dans les deux jours avant l’accouchement. L’étude a également montré que les enfants ayant contracté le Chikungunya par transmission materno-fœtale développent dans un cas sur deux une forme sévère de la maladie, avec notamment une encéphalopathie se traduisant par un oedème cérébral, et parfois des complications hémorragiques.
Ces résultats révèlent l’importance du suivi de la grossesse en zone d’endémie du Chikungunya, et de la probabilité élevée de transmission du virus au nouveau-né si sa mère est malade au cours de l’accouchement. Ils alertent en outre sur le danger important que constitue cette maladie pour certaines populations à risque, comme les nouveau-nés, et soulignent que la transmission mère-enfant du virus doit aujourd’hui être prise en compte par les autorités de santé publique.
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1 Professeur des Universités, praticien hospitalier à l’Hôpital Necker-Enfants Malades, Université Paris Descartes, Centre d’Infectiologie Necker-Pasteur
Pour en savoir plus sur le Chikungunya
Sources
« Multidisciplinary Prospective Study of Mother-to-Child Chikungunya Virus Infections on the Island of La Réunion », PLoS Medicine, 18 mars 2008.Patrick Gérardin, M.D., M.P.H (1,2), Georges Barau, M.D. (1,3), Alain Michault, M.D. (4), Marc Bintner, M.D. (5), Hanitra Randrianaivo, M.D. (6), Ghassan Choker, M.D., Yann Lenglet, M.D. (3), Yasmina Touret, M.D. (3), Anne Bouveret (3), Philippe Grivard (4), M.D., Karin Le Roux, Ph.D. (4), Séverine Blanc, M.D. (5), Isabelle Schuffenecker, M.D., Ph.D. (7), Thérèse Couderc, Ph.D. (8), Fernando Arenzana-Seisdedos, M.D. (9), Ph.D., Marc Lecuit, M.D., Ph.D. (8,10), and Pierre-Yves Robillard, M.D. (1)
(1) Neonatal and Pediatric Intensive Care Unit, Pôle Mère–Enfant, Groupe Hospitalier Sud–Réunion, Saint–Pierre, La Réunion, France
(2) Center of Clinical Investigation–Clinical Epidemiology (CIC-EC, Inserm), Saint-Pierre, La Réunion, France
(3) Department of Gynecology and Obstetrics, Pôle Mère–Enfant, Groupe Hospitalier Sud–Réunion, Saint–Pierre, La Réunion, France
(4) Department of Microbiology, Pôle des Sciences Biologiques, Groupe Hospitalier Sud–Réunion, Saint–Pierre, La Réunion, France
(5) Department of Neuroradiology, Pôle de Radiologie, Groupe Hospitalier Sud–Réunion, Saint–Pierre, La Réunion, France
(6) Fetal Medicine and Fetopathology Unit, Pôle Mère–Enfant, Groupe Hospitalier Sud–Réunion, Saint–Pierre, La Réunion, France
(7) National Reference Center for Arboviruses, Institut Pasteur, Lyon, France
(8) Microorganisms and Host Barriers Group, Institut Pasteur, Paris, France, and Equipe Avenir Inserm U604, Paris, France
(9) Molecular Viral Pathogenesis Unit, Institut Pasteur, Paris, France and Inserm U819, Paris France
(10) Department of Infectious Diseases and Tropical Medicine, Necker-Pasteur Center for Infectious Diseases, Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris, France
Des chercheurs de l'Institut Pasteur publient dans AIDS une étude qui démontre comment l'infection par le parasite du paludisme chez la femme enceinte pourrait augmenter le risque de transmission in utero du virus du sida à son enfant. Cette étude conforte les observations épidémiologiques et vient souligner l'importance de la prise en charge du paludisme chez les femmes séropositives.
Des études épidémiologiques avaient jusqu’ici montré des corrélations entre l’infection par le paludisme chez les femmes enceintes infectées par le VIH et une augmentation de la transmission mère-enfant du virus. Mais les mécanismes de ce phénomène restaient inconnus.
Des études antérieures soutenues en partie par l’ANRS ont amené les chercheurs à supposer que la séquestration du parasite Plasmodium falciparum dans le placenta de la femme enceinte devait être à l’origine de cette augmentation. L’hypothèse était que la fixation du parasite du paludisme aux cellules du placenta pouvait stimuler localement la réplication du VIH-1 et contribuer à la transmission mère-enfant du virus in utero.
L’étude menée par des chercheurs de l’unité de Régulation des Infections Rétrovirales, en collaboration avec deux autres équipes de l’Institut Pasteur à Paris, et le laboratoire de Virologie du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé, visait à étudier cette hypothèse.
Les chercheurs ont travaillé sur une lignée expérimentale de cellules placentaires en culture, qui a été mise en contact avec une molécule utilisée par le parasite pour se lier à la surface des cellules placentaires. Les chercheurs ont ainsi montré que les taux de réplication du VIH-1 augmentaient alors fortement en fonction de la dose de molécule parasitaire ajoutée.
« Notre étude suggère que des interactions spécifiques du parasite du paludisme avec le placenta contribuent à la transmission mère-enfant du virus du sida dans les régions où les deux maladies co-existent », concluent les auteurs. « Améliorer l’instauration de thérapies anti-paludiques en plus des thérapies antirétrovirales pendant la grossesse pourrait donc aider à prévenir la transmission mère-enfant du VIH-1 ».
Photo : Plasmodium falciparum, l’agent du paludisme /// copyright Institut Pasteur
Source
« Specific stimulation of HIV-1 replication in human placental trophoblasts by an antigen of Plasmodium falciparum »: AIDS, 18 mars 2008.
Ahidjo Ayouba (1), Cyril Badaut (2), Anfumbom Kfutwah (3), Claude Cannou (1), Alexandre Juillerat (2), Stéphane Gangnard (2), Charlotte Behr (4), Odile Mercereau-Puijalon (4), Graham A. Bentley (2), Françoise Barré-Sinoussi (1), Elisabeth Menu (1)
1. Unité de Régulation des infections rétrovirales, Institut Pasteur, Paris
2. Unité d’Immunologie structurale (CNRS URA 2185), Institut Pasteur, Paris
3. Laboratoire de Virologie, Centre Pasteur du Cameroun, Yaoundé
4. Unité d’Immunologie moléculaire des parasites (CNRS URA 2581), Institut Pasteur, Paris

