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Pseudo: lamrous yacineCatégorie: ScienceDescription:
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Lundi 14 Août 2006

Acides aminés et protéines

Les acides aminés sont des molécules que l'on a dénombrées au nombre de vingt. Ils ont tous en commun une structure formée par un groupe d'atomes dans lequel on distingue une fonction amine (NH2) et une fonction acide carboxylique (COOH) portées par le même carbone. La différence entre ces vingt acides aminés se situe au niveau de leur radical (voir schéma de structure des acides aminés), en effet on dénombre vingt radicaux différents. Ces groupements spécifiques sont dits "chaîne latérale". Grâce à ces groupements, spécifiques, on parvient à classer l'ensemble des acides aminés comme tel :

- ceux dont les radicaux sont basiques (arginine, histidine, lysine).

- ceux dont les radicaux sont acides (acide aspartique, acide glutamique).

- ceux qui possèdent des radicaux non chargés (asparagine, glutamine, sérine, thréonine).

De plus acide aspartique, acide glutamique, arginine, asparagine, glutamine, histidine, lysine, sérine, thréonine sont des acides aminés hydrophiles.

Alanine, isoleucine, leucine, méthionine, phénylalanine, tryptophane, tyrosine, valine sont des acides aminés hydrophobes, c'est-à-dire qu'ils n'absorbent pas l'eau.

Enfin 3 acides aminés (cystéine, glycine et proline) qui sont un peu plus particuliés puisqu'ils peuvent regrouper plusieurs caractéristiques.

Schéma de structure des acides aminés.

Lorsque ces acides aminés se regroupent ensemble, ils forment, grâce à des liaisons peptidiques, ce que l'on appelle un polypeptide. Les polypeptides sont de tailles variables, ils peuvent être composés de quelques dizaines à plusieurs milliers d'acides aminés, mais, quelque soit leur taille, ils sont essentiellement composés à partir des 20 mêmes acides aminés disposés dans une séquence linéaire qui lui est propre : cette séquence est appelée structure primaire. En fait, on distingue quatre types de structures :

- la structure primaire (séquence primaire) définie plus haut.

- la structure secondaire qui est un repliement local dans l'espace d'une chaîne polypeptidique qui est due aux interactions existantes entre les différents acides aminés.

- la structure tertiaire (structure tridimensionnelle), repliement dans l'espace d'une chaîne polypeptidique, donne sa fonctionnalité à la protéine (notamment le site actif pour les enzymes).

- la structure quaternaire qui est l'association de plusieurs chaînes polypeptidiques.

Lorsqu'une chaîne polypeptidique de plusieurs acides aminés (quelques dizaines) a adopté une structure tertiaire et a subi une maturation, alors elle devient une protéine.

Les protéines ont des rôles certes très importants dans l'organisme mais aussi très variés. Enzymes, hormones, canaux ioniques, immunoglobines, collagènes, interférons... sont autant de protéines aux rôles spécifiques.

publié par lamrous yacine dans: Génétique
Lundi 14 Août 2006
 

LEGIONELLA

En 1976, à l'issue du congrès de l’American Legion qui s’était tenu dans un grand hôtel de Philadelphie, 40 participants sont décédés d’une pneumonie foudroyante dénommée "maladie des légionnaires" dont l'agent étiologique ne put être détecté. Des recherches, qui ont duré près d'un an, ont néanmoins fini par aboutir à l'isolement par McDade à partir de prélèvements autopsiques d'une bactérie "nouvelle" dénommée Legionella pneumophila jusque là inconnue des bactériologistes à cause sans doute de ses exigences de culture particulières. Il a été démontré que la transmission s'était faite par voie respiratoire par inhalation d'aérosols contaminés provenant des systèmes de climatisation de l'hôtel.

Par la suite, on s'est aperçu que la bactérie était très répandue à l'état naturel dans les eaux des lacs et rivières et dans les eaux potables. D'autres bactéries voisines ont été ensuite isolées et un genre nouveau comprenant une quarantaine d'espèces a été créé : le genre Legionella dans lequel l'espèce type est Legionella pneumophila.

BACTÉRIOLOGIE

Legionella pneumophila est un petit bacille à Gram négatif (en fait faiblement coloré par la méthode de Gram), mobile, aérobie strict, incapable de fermenter ou d'oxyder les sucres, dépourvu d'oxydase, de nitrate réductase et d'uréase

La culture est lente et difficile et nécessite des milieux spéciaux contenant de la cystéine, du fer, divers acides aminés et d'autres facteurs de croissance. L'atmosphère doit être enrichie en CO2 et le pH rigoureusement contrôlé à 6,9.

La membrane externe contient un lipopolysaccharide (LPS) riche en acides gras qui a une activité endotoxine. Sa partie polysaccharidique constitue l'antigène O qui permet de distinguer dans l'espèce 15 sérogroupes. Elle contient, en outre, une protéine majeure – la major outer membran protein (MOMP) - commune à tous les sérogroupes et spécifique de l'espèce.

Plus de 80% des infections humaines sont dues à Legionella pneumophila sérogroupe 1.

Il existe sur les flagelles des antigènes H ; certains sont communs à toutes les légionelles et d'autres sont spécifiques de différentes espèces.

HABITAT

Les légionelles sont présentes dans les eaux douces : lacs, rivières, boues ainsi que dans les réservoirs artificiels et les eaux de distribution. Elles n'ont jamais été isolées dans les terres sèches ni dans l'eau de mer ni chez l'animal ; elles ne contaminent que l'homme. Elles peuvent néanmoins se développer chez les protozoaires et être véhiculées par des kystes d'amibes.

Les sources de contamination sont le plus souvent les installations distribuant l'eau, chaude surtout (moins de 55°C car la bactérie ne survit pas au-delà de cette température) Ce sont les robinets, les douches, les bassins de balnéothérapie, les eaux thermales, les fontaines, les systèmes de climatisation et les tours aéro-réfrigérentes ainsi que, en milieu médical, les barboteurs pour humidifier l'oxygène ou les équipements pour traitements par aérosols.

POUVOIR PATHOGÈNE

Les légionelloses sont des infections pulmonaires aiguës souvent accompagnées de douleurs abdominales avec diarrhées et de manifestations psychiques. La période d'incubation dure 8 à 10 jours. Des complications sont redoutables : insuffisance rénale et insuffisance respiratoire. Le pronostic est aggravé par certains facteurs : tabagisme, alcoolisme, insuffisance respiratoire chronique, diabète, corticothérapie, immunodépression.

La "fièvre de Pontiac" est une forme bénigne d'incubation très courte (quelques heures à 2 jours) d'allure pseudo-grippale qui guérit spontanément.

La bactérie se transmet à l'homme essentiellement par inhalation d'eau contaminée sous forme d'aérosols. Il n'y a pas de transmission interhumaine. Elle atteint les alvéoles pulmonaires, pénètre dans les macrophages où elle se développe provoquant leur destruction. Il s'ensuit une alvéolite purulente extensive.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Le diagnostic biologique est essentiel mais difficile.

La culture, qui est la méthode de référence, exige de conditions particulières et des milieux adaptés (Milieu BCYE). Des prélèvements appropriés sont également indispensables : aspiration endobronchique ou trachéale, ponction transtrachéale, liquide lavage broncho-alvéolaire, brossage alvéolaire, liquide pleural, biopsie pulmonaire. Il est vain de rechercher les légionelles dans les expectorations. On peut les isoler par hémoculture, surtout dans les leucocytes.

La technique d'immunofluorescence directe à l'aide d'un sérum spécifique de Legionella pneumophila de sérogroupe 1 pratiquée sur des prélèvements de bonne qualité est souvent donne des résultats rapides.

La recherche d'antigènes solubles de L. pneumophila sérogroupe 1 (antigène Lp1) dans les urines par technique immunoenzymologique récemment proposée permet un diagnostic rapide et précoce.

Le diagnostic sérologique par immunofluorescence indirecte est la méthode la plus utilisée.

La détection par amplification génomique est en cours de mise au point.

SENSIBILITÉ AUX ANTIBIOTIQUES

L'étude in vitro de l'effet des antibiotiques sur les légionelles est difficile à cause de la lenteur de leur développement et de la présence indispensable dans les milieux de culture de facteurs qui inhibent l'action des antibiotiques. Par ailleurs, elles sont capables de se multiplier à l'intérieur des cellules et les données recueillies in vitro renseignent mal sur les effets susceptibles d'être obtenus in vivo.

Les légionelles produisent une bêtalactamase active sur les pénicillines et certaines céphalosporines.

Les antibiotiques recommandés sont les macrolides et singulièrement l'érythromycine associés ou non à la rifampicine ou aux fluoroquinolones également actives.

PRÉVENTION

Les légionelloses surviennent sur le mode anadémique ; il importe donc de déterminer la source de l'infection.

Tout cas confirmé de légionellose doit être déclaré à la DDASS.

S'il s'agit d'une infection communautaire, il faut rechercher d'autre cas dans la collectivité. Si cette rcherche est négative (cas isolé), les investigations épidémiologiques s'arrêtent là sauf en milieu thermal où des analyses d'eau sont utiles. Si d'autres cas sont détectés et confirmés, il convient de procéder à une enquête environnementale.

Les légionelloses nosocomiales doivent faire l'objet d'une enquête menée par le CLIN.

Ces prescriptions ont pour objectif de déceler la source de la contamination pour mettre en œuvre des mesures de lutte et de prévention. Nettoyage et de désinfection immédiats des circuits hydriques en cause suivie de mesures de prévention : nettoyage des canalisations, augmentation de la température de l'eau chaude au-delà de 55°C, augmentation de la chloration …

En milieu hospitalier, matériel à usage unique ou nettoyage et stérilisation entre chaque utilisation, utilisation d'eau stérile dans tous les équipements de traitement respiratoire avec interdiction de remise à niveau des liquides des nébuliseurs.

La circulaire DGS n° 97/311 du 24 avril 1997 fournit des instructions relatives à la surveillance et à la prévention de la légionellose et les hôpitaux sont actuellement tenus de vérifier l'absence de Légionelles dans leur réseau d'eau.

publié par lamrous yacine dans: bacteriologie
Lundi 14 Août 2006
 

VIBRIO

Le genre vibrio rassemble des bacilles gram négatif, non sporulés, à la forme de bâtonnets droits et incurvés, très mobiles grâce à un cil polaire. Les Vibrio possèdent une oxydase, ce qui les distingue des entérobactéries. Aéro-anaérobies, ils fermentent le glucose sans gaz, ce qui les différencie des pseudomonas.

De nombreuses espèces sont saprophytes et retrouvées dans les eaux de surface ou dans l'eau de mer.

Trois espèces sont pathogènes pour l'homme : V. parahaemolyticus, V. alginolyticus et surtout V. cholerae.

VIBRIO CHOLERAE

CARACTERES BACTERIOLOGIQUES

Il existe de nombreux sérotypes de vibrio cholerae. Les vibrions cholériques variété cholerae et el tor, agents du choléra, appartiennent au sérotype O:1.

A l'intérieur du groupe O:1, trois types sérologiques peuvent être distingués en utilisant des antisérums agglutinants monospécifiques (Ogawa, Inaba, Hikojima).

L'isolement et l'identification des vibrions cholériques sont simples. Le germe cultive facilement sur milieu ordinaire, supporte un pH de 9 et une concentration de 3% de NaCl. Ces propriétés sont utilisées pour la fabrication de milieux de transport, d'enrichissement et sélectifs.

La présence d'une oxydase est essentielle pour le diagnostic bactériologique. Aéro-anaérobie, il fermente le glucose sans gaz, réduit les nitrates en nitrites et produit de l'indole (cholera roth).

Il possède une lysine décarboxylase, une gélatinase et est sensible au composé vibriostatique O/129.

HABITAT ET EPIDEMIOLOGIE

L'homme est le réservoir et le disséminateur des vibrions cholériques. V. cholerae se trouve dans les selles des malades, des convalescents et des porteurs sains. Dans les zones d'endémie, le nombre de porteurs sains est beaucoup plus important que celui des malades.

La transmission se fait par l'eau, les aliments ou les mains sales, souillés par les matières fécales. La survie du germe est faible dans le milieu extérieur.

La septième pandémie sévit depuis 1961. Partie du Sud-Est asiatique, elle a atteint l'Afrique et le pourtour méditerranéen. En France, quelques cas sont diagnostiqués chaque année chez des voyageurs revenant des pays infestés.

POUVOIR PATHOGENE

Après ingestion, le vibrion cholérique, qui s'implante plus facilement chez les sujets dénutris ayant une hypoacidité gastrique, se multiplie dans l'intestin grêle. Il produit une exotoxine protéique qui est responsable de la maladie en activant l'adénylcyclase cellulaire, ce qui entraine un accroissement de l'AMP cyclique des entérocytes. Il s'ensuit une fuite d'eau, de chlorures, de sodium, de potassium et de bicarbonates.

Le choléra est donc une toxi-infection intestinale aiguë, caractérisée par une diarrhée aqueuse considérable (selles eau de riz), accompagnée de vomissements et pouvant aboutir rapidement à une déshydratation aiguë et au collapsus cardio-vasculaire.

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

Le germe ne franchissant pas la paroi du tube digestif, on ne peut l'isoler que des vomissements ou des selles.

L'examen direct à l'état frais révèle la présence de bacilles très mobiles, en forme de virgule, groupés en "bancs de poissons" ou en "vols de mouettes".

Les colonies suspectes, plates et transparentes sur gélose ordinaire, sont repérées et on vérifie qu'il s'agit de bacilles Gram négatif, incurvés, possédant une oxydase avant de procéder à une agglutination par le sérum O:1. L'identification complète est effectuée ensuite.

Dans les selles de porteurs sains ou dans les prélèvements du milieu extérieur, les vibrions sont mélangés à de nombreuses autres espèces bactériennes, aussi faut-il procéder à des enrichissements par passages successifs, toutes les 4 heures, en eau peptonée alcaline, avant de repiquer sur des milieux sélectifs comme la gélose TCBS (thiosulfate, citrate, bile, saccharose), milieu sur lequel le vibrion cholérique se développe en utilisant le saccharose et en donnant des colonies jaune opaque.

Une identification complète est ensuite effectuée.

Remarque : un envoi à distance est possible si l'analyse ne peut être faite sur place (milieu de transport ou buvard dans un sachet plastique hermétique pour conserver une atmosphère humide).

SENSIBILITE AUX ANTIBIOTIQUES

V. cholerae est habituellement sensible aux antibiotiques, notamment aux sulfamides et aux tétracyclines. Cependant, quelques souches résistantes ont été signalées.

Dans le choléra-maladie, l'intérêt des antibiotiques est faible, comparé à l'importance de la correction des troubles hydro-électrolytiques.

PREVENTION

  • Hygiène...

  • Chimioprophylaxie (sulfamides),

  • Vaccination : vaccin inactivé (Inaba + Ogawa); protection 50%, 6 mois.

publié par lamrous yacine dans: bacteriologie
Lundi 14 Août 2006
 

CORYNEBACTERIUM DIPHTERIAE

La diphtérie est connue depuis longtemps : 

  • Klebs, en 1883, en décrit l'agent responsable, que Loeffler réussit à cultiver en 1884. 

  • En 1888, Roux et Yersin démontrent le rôle de la toxine. 

  • En 1890, Behring découvre l'antitoxine et en 1923, Ramon produit l'anatoxine. 

  • En 1970 enfin, est précisé le mécanisme moléculaire d'action de la toxine.

BACTÉRIOLOGIE

Corynebacterium diphteriae est un bacille à Gram positif, non ramifié, non sporulé, non capsulé et immobile. Les bactéries se présentent souvent en forme de massue et groupées en amas donnant des images en palissade, en paquets d'épingles ou en lettres de l'alphabet. Certaines techniques de coloration (Del Vecchio ou Ernst-Neisser) mettent en évidence des granulations métachromatiques à l'intérieur des corps bactériens. Ces aspects morphologiques sont assez caractéristiques et différent de ceux des corynebactéries dites commensales, qui apparaissent plus courtes et plus trapues.

Des caractères biochimiques (catalase +, urée - , glucose +, saccharose - , dextrine +, nitrate réductase +, H2S +) distinguent le bacille diphtérique des autres corynebactéries.

La culture, en atmosphère aérobie ou anaérobie, exige la présence de nombreux facteurs de croissance (du fer en particulier) et par conséquent nécessite des milieux riches.

  • Le milieu de Loeffler au sérum coagulé est le milieu classique utilisé pour l'isolement de Corynebacterium diphteriae, qui est sérophile.

  • Le milieu GHT (gélose, hémoglobine, tellurite) est rendu sélectif par l'adjonction de tellurite de potassium, dont la présence inhibe le développement de la plupart des bactéries habituellement présentes dans le rhino-pharynx. Sur ce milieu, les colonies de C. diphteriae sont noires à cause de le réduction du tellurite. Selon l'aspect des colonies, on distingue différentes variétés dénommées gravis, mitis ou intermedius.

  • Le milieu de Tinsdale, également sélectif, contient du sang laqué, de la cystéine et du tellurite. La production d'H2S (à partir de la cystéine) donne au milieu une coloration noire autour des colonies de C. diphteriae qui sont elles-mêmes également noires à cause de la réduction du tellurite.

CARACTÈRES ANTIGÉNIQUES

C. diphteriae possède des antigènes O polyosidiques, communs à toutes les souches, et des antigènes protéiques de surface K, définissant des types sérologiques (mais le sérotypage n'est pas standardisé et est peu utilisé). Les anticorps éventuellement produits ne permettent pas d'envisager de reconnaître l'infection en pratiquant un sérodiagnostic.

BACTÉRIOCINES

C. diphteriae produit des bactériocines qui permettent le typage des souches.

TOXINE

Corynebacterium diphteriae élabore une puissante toxine protéique (exotoxine) constituée d'une chaîne polypeptidique de 62 kD contenant 2 ponts disulfures dont la séquence des acides aminés est connue. On lui distingue 2 fragments A et B : 

  • le fragment B (38 kD) permet la fixation sur un récepteur cellulaire 

  • et le fragment A (24 kD) est le support de l'activité toxique. 

Après fixation de la toxine, le fragment A, clivé par des enzymes membranaires, libère dans le cytoplasme une activité enzymatique (ADP riboxylase) qui, en présence de NAD cellulaire, inhibe le facteur d'élongation EF2 nécessaire à la constitution des chaînes polypeptidiques : les synthèses protéiques de la cellule s'en trouvent donc bloquées.

La toxine n'est produite que par les souches possédant le gène "tox+" qui est founi par un bactériophage ß. Ce gène est inhibé par un répresseur chromosomique qui est actif en présence de fer. La toxine n'est donc produite que si la concentration du milieu en fer est inférieure à 100 µg/l (à noter : la croissance optimale de la bactérie nécessite cependant des concentrations en fer plus élevées).

Les effets pathogènes de la toxine peuvent être mis en évidence par injection sous-cutanée au cobaye d'une suspension de bacilles diphtériques. L'animal meurt en 48 à 72 heures porteur :

  • au point d'inoculation d'un oedème blanc, mou, gélatineux avec adénopathie satellite 

  • et à distance d'une hypertrophie avec congestion hémorragique des capsules surrénales. 

L'injection de toxine seule ne provoque que les lésions à distance mais est également létale.

Le dosage de la toxine est possible par une méthode biologique qui évalue la Dose Minima Mortelle (DMM) ou la DM50, dose qui tue la moitié d'un lot de cobaye. Un milligramme de toxine titre 14.000 DMM. Une méthode indirecte se fonde sur la neutralisation de l'effet létal par un sérum antitoxique titré qui est plus stable. On peut surtout doser la toxine in vitro par la méthode de "floculation initiale" de Ramon.

La toxine formolée et chauffée perd son pouvoir toxique mais conserve son pouvoir antigénique : elle devient ainsi l'anatoxine qui, purifiée, est utilisée comme vaccin antidiphtérique.

LA DIPHTÉRIE (D.O n°6)

L'infection se manifeste par des lésions locales dues à une colonisation des tissus par la bactérie et à des manifestations générales à distance dues à l'action de la toxine.

La forme typique est une angine pseudomembraneuse caractérisée par la formation sur l'amygdale et la luette d'un enduit blanchâtre, extensif, cohérent et adhérent avec adénopathies satellites. Dans les formes sévères, il existe en outre des signes d'intoxination donnant lieu précocement ou secondairement à des paralysies vélo-palatines avec troubles de la phonation, à des polynévrites des membres et à une myocardite avec troubles du rythme, hypotension et collapsus. Peuvent aussi survenir des troubles rénaux et digestifs ainsi que des hémorragies.

Il existe d'autres localisations de la diphtérie dont la plus connue est la diphtérie laryngée ou croup avec le risque d'asphyxie par obstruction des voies respiratoires nécessitant une trachéotomie. Les localisations nasales (plus fréquentes chez le nourrisson), oculaires, auriculaires ou cutanées sont généralement moins sévères.

Maladie à déclaration obligatoire (n°6).

IMMUNITÉ

La maladie immunise mal et il est recommandé de vacciner les convalescents. Il apparaît cependant des anticorps antibactériens étroitement spécifiques de la souche incriminée mais, comme il existe de nombreux variants sérotypiques, l'immunité ne peut pas être totale.

C'est surtout une immunité antitoxique qui est protectrice mais elle n'est suffisante que si le titre des anticorps atteint 1/30e d'unité antitoxique/ml (une unité antitoxique est la dose d'antitoxine capable de neutraliser 1 DMM de toxine). On peut évaluer l'état immunitaire par la réaction de Schick qui consiste à injecter en intradermique 1/50e de DMM de toxine : chez les sujets protégés, on n'observe aucune réaction tandis que, chez les sujets sensibles, survient une réaction papulo-erythémateuse.

ÉPIDÉMIOLOGIE

La diphtérie est une maladie strictement humaine. On ne trouve les bactéries responsables ni dans l'environnement, ni chez l'animal, et la contagion est donc exclusivement interhumaine.

La maladie a pratiquement disparu dans les pays développés mais sévit encore dans les pays du tiers monde où la mortalité est de 5 à 10%. Il faut cependant noter qu'on a observé en France durant ces dernières années de rares cas d'infections systémiques, septicémiques, broncho-pulmonaires, ostéo-articulaires, vaginales ou cutanées à Corynebacterium diphteriae.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Le diagnostic biologique de la diphtérie nécessite la mise en évidence d'une souche toxinogène de Corynebacterium diphteriae.

Le prélèvement pharyngé, nasal, cutané ou autre se fait par écouvillonnage des lésions. On ensemence le plus rapidement possible sur milieu de Loeffler et on pratique des frottis.

L'examen microscopique direct de ces frottis est rarement concluant mais permet un diagnostic de suspicion s'il montre la présence de bacilles à Gram positif dont la morphologie et la disposition sont évocatrices.

Le bacille diphtérique se développe rapidement sur milieu de Loeffler, en tout cas plus vite que les bactéries hôtes du naso-pharynx et il importe donc d'examiner les cultures après 6, 12 et 18 heures d'étuve. On procède à un raclage de la surface du milieu qu'on étale sur lame. Après fixation, on colore par la technique de Gram sans recolorer par la fuchsine et on examine pour détecter la présence de bacilles "diphtérimorphes", qui constitue une forte présomption de diphtérie.

On procède alors à un isolement sur milieu riche contenant du tellurite pour inhiber la culture des germes commensaux (milieu de Tinsdale ou milieu GHT). Les colonies suspectes apparaissent grises ou noires selon les types. On les repique sur milieux d'identification pour étudier les caractères biochimiques.

Il faut aussi mettre en évidence la production de toxine : pour cela, on inocule un cobaye avec une suspension de la souche isolée pour observer à l'autopsie les lésions caractéristiques. On peut aussi effectuer la recherche de la toxine par une réaction d'immunoprécipitation en milieu gélosé en présence d'un sérum antitoxique spécifique (test d'Elek).

TRAITEMENT

Le diagnostic biologique de certitude demande plusieurs jours et il est préférable de commencer le traitement dès que le diagnostic est suspecté.

Le traitement curatif repose sur la sérothérapie antidiphtérique qui doit être instituée rapidement car l'antitoxine n'a plus d'effets quand la toxine s'est fixée sur les cellules. On utilise des doses de 40.000 à 100.000 UI injectées selon le classique protocole de Besredka. On y adjoint une antibiothérapie par pénicilline ou érythromycine pour détruire la source de toxine.

Le traitement préventif repose sur la vaccination par l'anatoxine, obligatoire en France dans le courant de la première année. Elle nécessite 3 injections sous cutanées avec rappel après un an puis tous les cinq ans. Elle est presque toujours associée (vaccinations antitétanique, antipoliomyélitique, anticoquelucheuse...).

Corynebacterium diphteriae

Angine à fausses membranes

Corynebacterium diphteriae : Gram +

Corynebacterium diphteriae : culture sur gélose au sang + tellurite

publié par lamrous yacine dans: bacteriologie
Lundi 14 Août 2006
 

NEISSERIA MENINGITIDIS

Isolé du LCR par Weichselbaum en 1897, Neisseria meningitidis est l'agent responsable de la méningite cérébrospinale ; on l'appelle aussi méningocoque.

CARACTÈRES BACTÉRIOLOGIQUES

Morphologie

Les méningocoques sont des diplocoques à Gram négatif de 0,6 à 0,8 micromètre disposés en "grain de café" apparaissant parfois capsulés et en situation intraleucocytaire dans le liquide céphalo-rachidien purulent.

Culture

La culture est plus facile que celle du gonocoque. Les méningocoques se développent sur une gélose ordinaire mais il est préférable, en primo-culture au sortir de l'organisme, d'utiliser des milieux riches (la gélose au sang ou la gélose au sang cuit conviennent très bien) que l'on peut rendre sélectifs par adjonction d'antibiotiques.

Ce sont des aérobies stricts qui se développent dans une atmosphère normale mais l'habitude prévaut des les mettre en culture sous atmosphère enrichie en CO2 .

Vitalité, résistance

Le méningocoque est une bactérie fragile, craignant le froid, les variations de pH, la dessication. Il ne survit que très peu de temps dans le milieu extérieur.

Caractères biochimiques et enzymatiques

Le méningocoque possède les caractères généraux des Neisseria (oxydase + et catalase +). Il utilise le glucose en acidifiant le milieu ainsi que le maltose (contrairement au gonocoque) mais pas le saccharose ni le lactose (ce dernier caractère le différencie de Neisseria lactamica, commensal souvent confondu avec Neisseria méningitidis)

Caractères antigéniques

Les polyosides capsulaires déterminent 12 sérogroupes : A, B, C, X, Y, Z, 29E, W135, H, I, K et L. Quatre vingt dix pour cent des infections sont dues aux trois premiers groupes A, B et C. En Europe et en France, en particulier, le groupe B est le plus fréquemment rencontré.

A l'intérieur des groupes, il existe des sérotypes et des sous-types déterminés par des protéines de membrane externe (PME).

Facteurs de virulence

Le méningocoque ne produit pas d'exotoxines mais possède une endotoxine à structure lipopolysaccharidique. Les souches pathogènes possèdent des pili facilitant leur adhésion et produisnt des IgA protéases.

PATHOLOGIE

La méningite cérébrospinale donne lieu à un syndrome méningé typique avec hyperthermie et souvent purpura. Il existe des formes graves, encéphalitiques, des formes avec septicémie et des états septicémiques apparemment isolés.

Chez le nourrisson, la symptomatologie est parfois trompeuse et le risque de complications et de séquelles est important.

Une forme suraiguë, gravissime, appelée "purpura fulminans" de Henoch ou syndrome de Waterhouse-Frederichson, est caractérisée par une infection méningée et septicémique accompagnée de purpura hémorragique et de collapsus.

La ponction lombaire ramène un liquide trouble ou purulent, riche en polynucléaires avec une protéinorachie élevée. Au tout début de l'infection, le liquide peut être encore clair.

Le pronostic est généralement bon car les traitements antibiotiques sont efficaces.

D'autres localisations sont possibles telles qu'arthrite ou atteinte pleuropulmonaire.

ÉPIDÉMIOLOGIE

Le méningocoque résiste très peu dans le milieu extérieur. C'est une bactérie strictement humaine dont la transmission est interhumaine directe par voie aérienne.

En Europe et en France, le méningocoque est responsable de 20% des méningites bactériennes et représente l'étiologie principale des méningites de l'enfant et du nourrisson.. Le groupe B est le plus souvent en cause, suivi des groupes A et de C. La méningite cérébrospinale s'observe surtout de façon sporadique ou sous formes de petites épidémies survenant dans certaines collectivités (écoles, internats, unités militaires). Elle est plus fréquente en hiver et au printemps. En Afrique la maladie a une évolution nettement épidémique et c'est le groupe A qui prédomine.

IMMUNITÉ

Le portage pharyngé sans maladie est très fréquent, les porteurs sains seraient immunisés. C'est dans les tranches d'âge où les taux d'anticorps circulants sont les plus faibles que la maladie est la plus fréquente (6 à 24 mois). L'immunisation naturelle se produirait par la colonisation du rhino-pharynx par des méningocoques ou par des commensales proches telle que Neisseria lactamica.

PATHOGENIE

Les méningocoques pénètrent par voie aérienne et se fixent sur la paroi du pharynx où ils adhérent grâce à leurs pili. Cette fixation est facilitée par l'IgA protéase. Ils pénètrent ensuite dans les cellules épithéliales et de là disséminent dans l'organisme par voie sanguine. Les infections virales jouraient un rôle aggravant.

DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Il est fondé sur la présence de la bactérie dans le LCR et dans le sang.

L'examen direct

Dans le LCR purulent on peut voir, en situation intra ou extracellulaire, des diplocoques à Gram négatif ; ils sont parfois très rares et l'examen direct peut être négatif.

La culture

Elle est indispensable (même si le liquide est clair). On ensemence abondamment sur milieux riches (gélose au sang) et on incube à 37°C. Les colonies apparaissent en 24 heures.

La culture du méningocoque à partir d'autres prélèvements, pharyngés, broncho-pulmonaires, articulaires ou autres, nécessite des milieux sélectifs. L'identification doit être complète car la présence dans la gorge de Neisseria commensales est fréquente.

L'identification

Elle est fondée sur les caractères biologiques (oxydase +, catalase +, glucose +, maltose +, sacccharose -, lactose - , nitrates - ) et sur les caractères antigéniques : agglutination sur lame d'une suspension de la souche par des antisérums anti méningocoques. On dispose de sérums anti A, B, C, Y, W135 et polyvalent. Certaines souches sont toutefois ingroupables ou polyagglutinables.

La recherche d'antigènes solubles

On peut mettre en évidence dans le LCR, le sérum ou les urines l'antigène du méningocoque à l'aide de réactifs au latex sensibilisés par un antisérum ou par contre-immuno-électrophorèse.

SENSIBILITÉ AUX ANTIBIOTIQUES

Le méningocoque est sensible aux antibiotiques mais de rares souches produisent une pénicillinase. Depuis peu, on commence à isoler des souches de sensibilité diminuée aux bêtalactamines. Les C3G (cefotaxime, ceftriaxone) sont recommandées pour le traitement des méningites cérébro-spinales.

publié par lamrous yacine dans: bacteriologie
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